Justice et equitéPoème en prose publié(e) par Pompon1Poeme > Poème en prose > Justice et equité |
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| 23 Août 2008 à 16:10 | Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Pour mon ami François, cette petite causerie entre nos deux comparses. LUCIA Figures-toi que j’ai été "sélectionnée" pour faire partie d’un jury d’Assises, jackpot dont je me fusse volontiers dispensé : on n’en ressort pas indemne ! MELANO Mais il faut bien qu’il y ait des jurés, non ? Cela ne fait-il pas partie des principes mêmes de notre droit. Je suppose que tu ne me raconteras pas la chose puisque vous êtes tenus au secret. L. En effet, d’ailleurs ce n’est là l’affaire. L’affaire criminelle incriminée (« Un crime y naît » : je veux souligner par ce calembour là que notre justice fait émerger, construit, "invente" la vérité qui émerge au fil du procès, au lieu que de la "découvrir" n’est qu’un exemple, c’est la justice qui m’interpelle). M. La Justice-institution, la justice institutionnalisée, ou le juste ? Le Droit codifié ou le droit ? Justice et Droit ne sont-ils pas les pierres angulaires d’une cohésion sociétale ? L’idéal ne serait-il pas qu’ils devinssent inutiles mais c’est, je le crains, l’incontournable arbitre du conflit individu-société. L. Et l’équité dans cela ? Je n’en ai pas même vu l’ombre dans les prétoires. Compassion, culpabilisation, angélisme ou diabolisation, effets de manche… en deux manches (celle du procureur et celle de l’avocat), paroles, paroles, paroles. Beaucoup de verbe et peu de faits, du qualitatif au préjudice du quantifiable, du hâtif au détriment du fiable, du roman et de la fable, et une vérité absente car ineffable qui semblerait perdue, incongrue en la tribune du tribunal ou le tribun est maître plus que l’analyste : voilà ce que j’ouïs, voici ce que je vis. Des règles disant la règle mais sans mesure, des barèmes, des minutes durant des heures, et la recherche d’une perfection procédurale quant seule celle humaine importe. M. Bel et bon, mais n’étais-tu pas là ? N’y avais-tu pas ton mot à dire, ton jugement à prononcer qui affecterait le prononcé du jugement ? Ne fit-on pas appel à ton intime conviction ? L. Certes et je redis avec Syriex que « Lorsque l’on n’a plus de certitudes il est bon d’avoir des convictions », mais l’enjeu est de trop de taille : l’avenir d’un homme, la réparation, la protection d’une société, la victime directe et celles indirectes, et mille autres choses encore… M. Suggérerais-tu que justice et équité soient antinomiques ? Définissons-les, nous y verrons peut-être plus clair. En quoi diffèrent-elles, que sont et font-elles ? Les mettrais-tu en pendant ? Les prends-tu comme opposées ou complémentaires, ou comme les deux aspects d’une même idée vue par l’un ou l’autre bout de la lunette (un peu comme relativité et quanta, ondes et corpuscules, dans ma chère physique), ou tenant de l’une ou l’autre extrémité du spectroscope social de Koestler ? L. S’agissant de la justice face à qui l’on comparaît, plutôt que de définir, si je comparais ? En quoi diffèrent justice et équité : en nature ou en amplitude, en rigueur ou en liberté ? A ton avis ? M. La justice nous sépare, en quelque sorte nous isole, défend chacun contre chacun et tous contre tous, comme s'ils étaient ou s'ils pouvaient devenir nos ennemis. L. Alors que l'équité nous rapproche, nous lie, nous confond pour ainsi dire, ensemble comme amis, comme frère., comme membres du même corps : la propriété est exclusive et l’égalité communicative. M. La justice défend la propriété… L. …quand l’équité promeut l’humanité car la propriété est exclusive et l’égalité communicative, ce en quoi la justice sépare, alors que l’équité rapproche. M. La justice permet une grande inégalité entre les hommes… L. …que l’équité œuvre à faire disparaître par une égalité d’accès aux conditions du bonheur. Ainsi pendant que la justice répare les torts causés par l'injustice des hommes, l'équité nous presse de réparer envers eux ceux qui résultent de l’injustice du sort. Rendez le bien pour le bien, c’est encore un principe d’égalité : partout vous trouverez des compensations à faire. M. La justice, en se révélant inflexible, assure la tranquillité des Etats et veille à la sûreté de leurs citoyens. L. Rôle dans lequel elle se trouve souvent en opposition avec l'équité parce que, jugeant d'après des règles invariables, elle ne doit voir que le fait dans sa nudité factuelle, au lieu que l’équité se rapprochant de l'intention, n'a d'autres lois que celles dont la nature ou les circonstances lui dictent la voie : elle nous ramène à l'observance des lois premières oubliées lesquelles ne sont pas écrites mais se font sentir , et c'est à ce cri du besoin d’aimer et de traiter les hommes en frères que nous cédons. « On n’est homme, dit la Bruyère, que lorsque l’on est équitable. » M. D'une autre façon, la Justice c'est l'application de la Loi, enfant putatif du Décalogue, tandis que l'Équité est l'application de la Loi d'Amour prônée par le Christ. L. Flexible et adaptable l’équité est naturelle… M. …tandis qu’inflexible par essence la justice ne l’est pas comme l’illustre le "Jugement de Salomon" selon lequel elle commanda, sans état d’âme, de débiter un enfant, sauvé par le gong par l’équité qui, en ultime ressort, enjoignit de respecter la nature en le réunissant à sa mère (j’y reviendrai). La justice se veut globale, exhaustive et impartiale… L. …quand l’équité se comprend locale, incomplète, partielle et partiale. M. La justice ne se conçoit qu’objective… L. …alors que l’équité est nécessairement subjective (je dirais presque « Par construction », parodiant ton jargon matheux). M. Quels seront nos préceptes directeurs en la matière ? Laisse-m’en appeler à d’éminents penseurs : - Saint Matthieu le rigoureux suggère « Ne jugez pas selon l’apparence mais selon la justice » quand Jean, prudent, recommande « Ne jugez point afin que vous ne soyez point jugés » - Hillel l’exégète prévient : « Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu ne sois à sa place » L. Je pourrais me référer à d’autres, ainsi : - à propos du jugement Sénèque précise, dans « De Ira » : « Le bon juge condamne le crime sans haïr le criminel » - le « Dao-de-jing » propose un programme auquel il m’est difficile de ne pas souscrire : « Le sage équarrit sans blesser, incline sans porter atteinte, rectifie sans faire violence et resplendit sans éblouir » M. Ou encore : - Mahomet le mesuré conseille : « Combattre le mal par le bien est honorable, lui résister par le mal est funeste » - pour Confucius, l’homme de bien doit : « Etre juste sans inflexibilité mais savoir plier sans se courber » L. Last but not least, Saint Augustin a ma préférence qui nous rappelle dans « La cité de Dieu » que « Le plus grand malheur des hommes vient de ce qu’ils jugent des choses non selon leur nature mais suivant leur rapport occasionnel avec eux ». Tous parlent de justice, mais quelle place pour cette équité qui ne semble guère avoir ton inclination ? M. J’en reviens comme promis à Salomon dont la légende est de nature à nous éclairer, non en tant qu’elle relate un fait, mais de par la manière dont elle le fait qui est le reflet de ses scripteurs et des mœurs de l’époque. L. Il me serait donc loisible de l’écrire autre, actualisée, voire de l’ "interpréter" ? M. J’irai jusqu’à te le conseiller. Voici l’histoire telle qu’on la lit, en moyenne, dans les diverses bibles. Un jour (peu importe les circonstances puisqu’il s’agit d’un mythe, d’une légende, d’une fable, d’une parabole, juste un écrit pour faire réfléchir), un jour donc, deux femmes se disputaient un enfant. Des soldats passant là trouvent que cela fait désordre et les embarquent pour les présenter à la justice, en l’occurrence, leur roi réputé sage : Salomon. Ses décisions étant sans appel, les argousins n’ont cure de quelles elles seront, pourvu que l’ordre règne. Adonc Salomon écoute pensivement un dialogue fougueux et emmêlé où toutes deux parlent sans écouter, tentant de couvrir la voix de l’autre. Rien de clair, aucune piste factuelle, l’enfant est peut-être à l’une des deux (à moins qu’à aucune d’elles) mais en aucun cas aux deux. A laquelle : celle qui crie le plus fort ou celle qui argumente le mieux ? Comment décider ? Il le faut pourtant, sa réputation est en jeu ! C’est que plus délicat car il sait sa décision exécutoire. L. Aujourd’hui, on procèderait des analyses génétiques, non ? M. Lesquelles, tu t’en souviens, ne sont fiable "que" dans le sens de l’exclusion on peut infirmer une paternité ou une maternité, on peut l’estimer probable, mais jamais la confirmer, il faudrait pour cela la totalité du génome… et encore, il demeurait une infime probabilité de doublon. L. Peut-être vaudrait-il mieux revenir au texte "officiel", pourquoi pas celui de la Bible de Jérusalem ? Voyons : « Deux prostituées vinrent vers le roi et se tinrent devant lui. L'une des femmes dit : " S'il te plaît, Monseigneur, moi et cette femme habitons la même maison et j'ai eu un enfant alors qu'elle était dans la maison. Il est arrivé que le troisième jour après ma délivrance cette femme aussi a eu un enfant. Nous étions ensemble et il n'y avait que nous deux. Or le fils de cette femme est mort une nuit parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle prit mon fils d'à côté de moi et le mit sur son sein, et son fils mort sur mon sein. Je me levai pour allaiter mon fils, et voici qu'il était mort ! Je l’examinais et vis que ce n'était pas l’enfant que j'avais enfanté !" Alors, l'autre femme dit : "Ce n'est pas vrai ! Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" Elles se disputaient devant le roi qui prononça : « Celle-ci dit : "Voici mon fils et c'est ton fils qui est mort !" Celle-là dit : " Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" » C’est ici que se noue l’histoire : « "Apportez-moi une épée," ordonne le roi, on lui apporta l'épée et il dit Partagez l'enfant vivant en deux et donnez la moitié à l'une et la moitié à l'autre." Alors la femme dont le fils était vivant s'adressa au roi : "S'il te plaît Monseigneur ! Qu'on lui donne l'enfant, qu'on ne le tue pas !" Mais celle-là disait : "Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez !" Le roi dit alors : " Donnez l'enfant à la première, c'est elle la mère ! " Tout Israël apprit le jugement qu'avait rendu le roi et le révérèrent car ils virent en lui une sagesse divine pour rendre la justice. » M. Bon, ce sont des prostituées (à l’époque, ce mot ne se comprenait pas comme de nos jours), il n’y a pas de soldats et elle viennent de leur propre et libre volonté se prêter à un jugement qu’elle savent comminatoire. Dans le "fond" cela change-t-il la problématique ? Si je résume : nous avons deux femmes qui connaissent toutes deux la vérité vraie, elles savent aussi la nécessité d’une vérité sociale, légale, officielle, la seule qui leur soit opposable. Qu’elles mentent ou disent le juste, l’une et l’autre se voient contraintes d’accepter la vérité administrative, et attendent toutes deux (bien que leur motivations divergent) qu’elle soit tranchée. Or cette vérité "applicable" est une vérité "fabriquée", un objet de consensus : il leur chaut donc de l’influencer avant qu’elle ne soit gravée dans le marbre, chacune persuadée, que ce fût par naïveté ou rouerie, qu’elle peut le faire, suivant l’idée qu’elle se fait du raisonnement du roi. L. Cela ne change que peu les choses mais ouvre des portes, on pourrait comprendre l’histoire autrement. M. Ah oui ? L. Par exemple, c’est la mère de l’enfant mort qui, raisonnant au second degré, réclame le sauvetage car elle suppose que sa plaidoirie sera interprétée au premier degré, comme spontanée, alors que le mère réelle, devant le mensonge de l’autre plaignante, préfèrerait la mort de son enfant plutôt que de le voir tomber dans des mains impures. Auquel cas le jugement serait erroné. Qu’est-ce qui a motivé Salomon ? Son intime conviction ? Vraiment, le critère est fragile ! Je préfère penser qu’il a jugé en équité, optant pour le moindre mal. M. Tu en déduis ? L. Que la parabole est homéomorphe à ce jury d’Assise où, suite à une plaidoirie et un réquisitoire (argumentés tous deux bien au-delà du second degré), il appartient aux jurés de se prononcer "en leur âme et conscience", de dire leur "intime conviction". Là également, l’on "produit" l’officielle vérité, au lieu que d’assister à l’émergence de celle factuelle. Le parallèle est frappant, j’en déduis que mes états d’âme et mes interrogations sont vieux comme le monde, fondamentalement humains. M. Est-ce si négatif ? Cela ne constate-t-il pas simplement le fait que la justice est un fait "humain" (ce en quoi nous différons de l’animal) et qu’en dernier ressort elle appartient à l’homme et non au système, l’eût-il conçu. L. Il n’empêche, cela a souvent conduit au lynchage ou à la lapidation (laquelle existe encore de nos jours), est-ce acceptable ? M. La loi du pus fort te semblerait-elle plus juste que celle du plus nombreux ? L. Je ne sais pas, je ne sais plus, voilà bien pourquoi, lorsque l’on me dit « Justice », je rétorque aussitôt « Equité ». Ânemitiés à tous Lucia & Mélano |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 16:10 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 16:16 | Re: Justice et equité |
![]() plumelibre Message privé Poétesse timide Poèmes publiés: 8 Commentaires: 822 Votes reçus: 87 Votes distribués: 124 Inscription: 2008-07-30 Bloquer |
Texte édifiant ! Amicalement S |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 16:16 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 16:18 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Merci ami(e). Lucia et Mélano, n'ont nulle prétention à édifier, tout au plus se posent-ils des questions. L&M |
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| 23 Août 2008 à 16:29 | Re: Justice et equité |
![]() Templier Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 52 Commentaires: 3121 Votes reçus: 364 Votes distribués: 142 Inscription: 2008-07-17 Bloquer |
Un peu long à la lecture, mais au fur et à mesure on se formate à l'écriture érudite et profonde de sens. Mes amitiés à votre soeurette ainsi qu'à vous même... Amicalement Jean-Paul |
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| 23 Août 2008 à 16:49 | Re: Justice et equité |
![]() colegram Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 15 Commentaires: 321 Votes reçus: 28 Votes distribués: 26 Inscription: 2008-08-02 Bloquer |
merci à vous pour cette intéressante réflexion.A mon sens,l'équité est notre part d'amour à équidistance de notre part de haine.Nous avons construit depuis des siècles l'illusion de la Désunion et nous avons oublié ce qu'est l'Unité. |
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| 23 Août 2008 à 17:03 | Re: Justice et equité |
![]() eclaircie Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 209 Commentaires: 12264 Votes reçus: 903 Votes distribués: 1430 Inscription: 2008-01-19 Bloquer |
très bien exposé(je ne suis pas surprise) ces questions de justice et d'équité, ou la loi du groupe s'oppose parfois à la loi de l'individu. le plus regrettable à mes yeux est l'affirmation de tant , à dire que passant par la justice, (en tant que plaignant comme d'accusé) vous ressortirez avec la Vérité. et vous aurez tous les mêmes chances de La mettre à jour. je reviendrais sans doute, le texte regorge de tant d'idée qui seraient à développer. merci L&M. |
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| 23 Août 2008 à 17:18 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Amis, Lucia & Mélano n'ont que des questions, jamais de réponses. Mais ils comptent toujours sur vous pour enrichir le débat et leur connaissance. Ânemitiés de Pompon |
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| 23 Août 2008 à 18:03 | Re: Justice et equité |
![]() colegram Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 15 Commentaires: 321 Votes reçus: 28 Votes distribués: 26 Inscription: 2008-08-02 Bloquer |
Je vous fais part de mes réflexions suite à votre texte si vous me le permettez: La condamnation est la racine de l'attaque.C'est le jugement d'un esprit par un autre comme étant indigne d'amour et méritant d'être puni.Mais en cela réside la division.L'acceptation de la culpabilité fut le commencement de la séparation.Ce monde est le symbole de la punition et toutes les lois qui semblent le gouverner sont les lois de la mort.Les enfants y naissent avec douleur et dans la douleur.Ils grandissent en souffrant et ils apprennent ce qu'est le chagrin,la séparation et la mort.Leur esprit semble être emprisonné dans leur cerveau.Ils semblent aimer ,or, ils désertent et sont désertés.Ils paraissent perdre ce qu'ils aiment.Leurs corps se flétrissent,agonisent,sont mis en terre et ne sont plus. Si cela était le monde réel,Dieu serait cruel.L'amour ne tue pas pour sauver.Le "péché" d'Adam n'aurait pu toucher personne s'il n'avait pas cru que c'était le Père Qui l'avait chassé du Paradis. Ce monde est une image de la crucifixion du Fils de Dieu.Et c'est l'image que l'on voit jusqu'à ce qu'on se rende compte que le Fils de Dieu ne peut pas être crucifié.Mais pour cela, il faut accepter le fait éternel que le Fils de Dieu n'est pas coupable. Dans le monde étrange que nous avons fait,le Fils de Dieu a péché. Sans culpabilité,l'ego n'a pas de vie,or le Fils de Dieu est sans culpabilité. Nous ne sommes pas non-coupables dans le temps mais dans l'éternité."Toujours" n'a pas de direction.Le temps n'est qu'une illusion.Toujours est maintenant. |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 18:03 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 18:33 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Merci ami pour ce comentaire détaillé et réfléchi qui enrichira tous mes lecteurs. Ce sont vos opinions, comme ce que présente sont celles de Lucia & Mélano. C'est la diversité de toutes ces opinions qui font un tout riche et solide. Bien à vous Lucia & Mélano |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 18:33 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 18:48 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Une petite suite, pour alimenter les cogitations de l'ami Colegram. Un "Bien fait" n’est jamais perdu ! LUCIA « Un bienfait n’est jamais perdu », m’apprit-on lorsque j’étais enfant… MELANO « Un bien fait n’est jamais perdu », me dit mon fromager tout en récupérant un camembert qui s’alanguissait… L. …Tu ne veux pas être sérieux une minute ! Il est vrai que je te reproche si souvent de l’être trop, mais on le dit, les femmes sont versatiles. Pour revenir sur terre, c’est le bien et le mal qui me posent problème, outre que les fondements de la morale me semblent douteux, une instable fondrière. M. Au pire, tu peux appeler Darwin à la rescousse, il doit y avoir quelque nécessité là-dessous, et un équilibre probable. Tout ce qui est "pouvait" être, n’est-ce pas ? Certains pensent "devait" être, ou "sera un jour" (Platon ne le disait-il pas déjà : « Qu’on prodigue le temps, tout le possible arrive »). L. Equilibre, donc compensation : la Shoah serait-elle "compensable" ? Paie-t-on encore le prix du jardin d’Eden ou d’un hypothétique âge d’or, comme s’il se fût agi d’un péché d’origine ? Serions-nous débiteur pour les Mère Thérésa ou Saint Vincent de Paul ? M. Questions pertinentes qui n’ont peut-être pas de réponses (comme la plupart des questions d’ailleurs) ; il me faut d’abord te répondre à propos de l’équilibre, de la symétrie (quoique je sois persuadé que nous aurons à en reparler), un monde parfaitement équilibré serait statique, mort-né, un monde par trop déséquilibré serait instable, implosif ou explosif, mort juvénile : il doit exister une juste frontière. On pourrait raisonner de même au plan de la symétrie, au sens où l’entendent physiciens et mathématiciens… L. Id est ? M. Chaque chose en son temps, n’était-ce pas du bien et du mal que tu voulais parler ? L. Les questions se bousculent : qu’est-ce que le bien ? le mal ? Sont-ils inéluctables ? sont-ils les mêmes pour tous ? Sont-ils objectifs ? fondés ? Que sont-ils ? comment les définir ? Sont-ils exclusifs ou autoréférents en tant que couple, l’un étant l’étalon de l’autre ? indépendants ou fruit d’une coévolution ? M. Il me revient ce texte poétique (et je l’espère, pas prophétique), ce dialogue en double monologue parallèle (qui, comme les parallèles, ne se rencontrent pas) que nous coécrivîmes naguère sous le titre évocateur de « Bataille ». C’est, me semble-t-il le moment de le redire. « Eternel combat que celui du "Bien" avec le "Mal". Dialogue de sourds, de mauvais entendeurs, joute jamais close : qui tranchera ? - ...et en vertu de quoi toi, "Bien", t'arroges-tu le droit de me juger ? Fort de quelle Vérité ? Me serais-tu supérieur ? Que suis-je donc à tes yeux pour ne pas valoir ? - "Mal", combien je te plains. Ne vois-tu pas ce qui est ? Tes yeux se décileront-ils jamais ? Je suis "Bien" parce que je suis le bien et dis le bien, un point c'est tout. Il n'est pas lieu ergoter. - D'où diable tiens-tu qu'une tautologie soit une réalité, et a fortiori vraisemblable, vraie ? Encore moins Vérité, même si elle peut l'être. - Que nenni ! Toute porte doit être ouverte ou fermée. Nous sommes incompatibles, exclusifs, inconciliables : c'est ainsi. - Ignorons-nous, alors, au lieu de nous combattre. La nuit n'est, que je sache, pas l'ennemie du jour, ni le noir du blanc, ou le néant de l'être. Je n'en veux à quiconque et n'ai pas d'ennemi ...et si nous coexistions ? - Tout beau ! Ce serait trop facile. Je ne puis accepter le mal, moins encore le promou-voir. Quel piètre équilibre serait un "demi-bien", un "bien-mal" qui deviendrait vite un "mal-bien" puis un "demi-mal" puis... je refuse l'alternative. - Serais-tu intolérant ? J'hallucine ! "Bien" intolérant, bien et intolérant : quelle dysharmonie ! Cela sonne décidément très faux ! - Intolérant je suis, et fier de l'être, tu ne m'entraîneras pas dans ce débat spécieux où, sous couvert d'ouverture, je sacrifierais ma suprématie. C'est bien moi qui suis "Bien", et non toi ni nul autre... -...es-tu sûr, vraiment sûr, ce qui s'appelle sûr, "Bien", d'être le bien ? Ne serait-ce pas plutôt moi ? Ton intolérance me semble à tout le moins aveuglée et intégriste. Comment envisages-tu de défendre ton pré carré ? Serais-tu prêt à faire le mal pour le service du bien, "Bien" (Milgram a dû passer par là) ? Enfin, voyons, je ne revendique pas ta place, je ne t'exclue pas, moi : d'ailleurs c'est toi mon étalon, ma pierre de touche. Je te tolère sans colère et m'appuie sur toi avec foi. Pourquoi, et en vertu de quoi dis-tu cela pernicieux ? Explique si tu le veux... si tu le peux ! - Le saurai-je ? Ecoute plutôt mes zélateurs, tu reconnaîtras qu'ils sont nombreux... - ...presqu'autant que les miens ! N'oublie pas que c'est par, à travers et par rapport à moi que tu existes. - Mauvaise question, et je ne te sais nul gré de me l'avoir posée. Décidément, tu es le mal personnifié, "Mal" : oser semer le doute en mon esprit, est-ce assez vil, mon Dieu ! - Pourquoi, pourquoi... pourquoi ? - Parce que, na ! - Pourquoi, pourquoi... pourquoi ??? » "Bien" a abandonné à la septième reprise, par jet de l'éponge… L. Oui, pourquoi ? M. Mais c’est à toi que je le demande. L. Adonc, l’un ne s’entendrait pas sans l’autre, comme le jour s’ignorerait sans la nuit ou la matière sans le vide. M. Je crois l’image adéquate. L. Mais c’est le bien qui perd, suivant ta parabole ! M. "Notre" parabole, ne te défausse pas, nous la comproduisîmes. L. Je devais être dans un mauvais jour, je n’y reconnais pas le monde, notre monde. M. Ou dans un jour de réalisme. Faline, lorsque le chasseur la tire et qu’elle se sent mourir, peut-elle imaginer que c’est un monde de bien que celui où elle laisse Bambi ? L. Bon, si je ne sais ni justifier ni définir le bien et le mal en tant que catégories où tout se rangerait sans équivoque, je suis conscient de l’existence de catégories, c’est le choix d’y inclure telle ou telle action ou chose qui me pose problème. Je suis bien consciente qu’il y a autant de partitions que d’individus, lesquelles sont versatiles et changent suivant l’instant. M. Alors quelle est la question, ta question ? L. Tu as raison, je reviens à mes moutons : « Pourquoi le mal ? et pourquoi autant ? et pourquoi aussi fort ? Un monde ou ne règnerait "que" le bien serait-il si horrible que cela que l’homme ne l’envisage qu’au passé, sous couvert d’un Âge d’Or ou d’un paradis perdu et ce, quelle que soit sa philosophie, sa religion, ses croyances ou l’absence d’icelles. Pour-quoi ? M. Si je parvenais à un regard neutre je ferais plusieurs remarques : le monde est tel qu’il est, s’il l’est devenu c’est que cela était "possible" (ce qui n’infère nullement qu’il fût souhaitable, ou quelque jugement de valeur, non plus que son unicité ou son utilité : « Un rien aurait suffit pour que tout devînt autre » nous ressasse « Le jour d’avant le jour d’avant le jour d’avant… »), viable jusqu’alors, ce qui n’en garantit pas le futur, qu’il résulte d’une évolution, hasardeuse certes, mais cohérente, d’une sélection parmi l’éventail des possibles. Doit-on le constater ou s’en demander le pourquoi ? L. De là à admettre une nécessité au mal… le hasard me suffit, je ne suis pas Monod (suivant la double acception du vocable d’ailleurs) M. Imaginons les cas extrêmes, une proportion incontrôlée de l’un seul des antagonistes, vers quoi tend le monde ? Il me faut redéfinir les partenaires en lice. Le bien serait ce qui me satisfait, ce à quoi j’aspire : alors le monde devrait être "mon" monde, et les autres n’auraient qu’à y trouver leur place en s’y conformant ou… disparaître. L. Je penche pour la dernière hypothèse, je ne suis ni le centre ni le moteur, encore moins la raison d’être du monde. M. Un bien collectif alors, qui soit le consensus de l’acceptable par tous revient à remplacer le moi précédent par l’homme, et tu m’objectera derechef qu’il n’est « Ni le centre ni le moteur, encore moins la raison d’être du monde ». L. En effet, et il en ira de même pour la noosphère, la zoosphère, puis pour la biosphère. Adonc je dois me résoudre à accepter que cette notion de bien est subjective, conventionnelle, consensuelle mais n’a rien d’universel ou d’absolu. En fait elle est intuitivement saisis-sable quoiqu’indéfinissable. Soit : acceptons-la telle… pour l’instant. Si je reviens à ta définition, basée sur l’aspiration à, il me devient évident qu’elle résulte d’un manque, d’un contraire contrariant qu’il me faut nommer : le mot "mal" a été utilisé, pourquoi en changer ? Poursuivant le raisonnement : l’absence de mal conduit au manque d’aspiration au bien (pas de cause donc pas de mouvement, loi d’inertie dont ta physique raffole), pas de progrès, non plus que d’évolution. Le bien ne crée pas le bien ni ne croît spontanément, il s’essouffle et le monde s’enkyste. M. C’est toi qui le dis. Un monde sans mal serait encore viable même endormi. Et un monde sans bien ? T’est-il concevable ? L. Si je me réfère à Collin Turnball et à sa « Société des Iks », la réponse est oui. Mais est-il viable sur le long terme ? N’est-ce pas un épiphénomène local ? M. Pas plus que le nazisme et la Shoah, pas plus que le stalinisme et le goulag. L. Qui ne perdurèrent ni l’un ni l’autre. Il me vient cette idée : si le mal est nécessaire, il surgit çà et là de graines ponctuelles (assez imprévisibles et d’apparence anodine : « Petites causes grands effets »), fleurit, s’expanse exponentiellement et… s’autodétruit, ne m’as-tu pas expliqué qu’aucune bactérie ne viendrait à bout de l’humanité dont elle amenuiserait tant les rangs que, trop dispersés ils ne lui permettraient plus de s’y disperser ; c’est la grand peste qui a tué la peste à l’époque où l’on ne lui connaissait nul antidote ? Restent alors des foyers latents, disséminés, en dormance qui un jour… M. Oui, même la peste qui a "épuré" l’humanité de ses faibles ne fut pas une "solution finale". Tout comme l’incendie essarte la forêt et les extinctions successives favorisent la nouveauté, Tchernobyl fut vecteur de biodiversité une étude similaire sur l’atoll de Bikini le confirme. L. Je m’insurge contre la spéciosité de l’argument, le but de l’homme est de perdurer, non de promouvoir son remplacement, n’est-ce pas pour cela que l’horloge du « Bulletin of atomic scientists », que tu m’as fait connaître et qui m’a tant impressionnée, après avoir stagné sur midi moins cinq, a disparu. Le jour où elle réapparaîtra il sera midi, ce dont nul ne pourra plus gloser (Doomsday n’est pas un sujet de salon). M. Si les contours de nos Protée sont mal définis, ils n’en sont pas moins deux, face contre face, irréductibles, j’oserais les dire fruits d’une coévolution. L. Veux-tu insinuer qu’ils soient apparus ensemble, peut-être le fruit de l’une de ces séparations dont Dieu a le secret, ou que l’un a généré l’autre ? M. Peu importe toute précédence, une fois l’un et l’autre en présence ils s’autoconfortent, s’autonourrissent, s’autoconforment : en un mot, ils sont condamnés à la coévolution que je te dis. L. Celle-ci fut-elle continue ou cyclique, suivant l’hypothèse des équilibres ponctués chère à Stephen Jay Gould ? M. Je penche pour la seconde hypothèse. Leibniz a dit : « Natura non facit saltus », il eût peut-être été plus avisé de proférer qu’entre deux sauts, la nature ne fait pas de sauts. L. Bien et mal coévoluant, et subsistant dans des proportions variables au fil du temps, n’est-ce pas une forme d’équilibre ? Pourtant, suivant mon humeur, le monde que j’observe est soit noir, soit rose, rarement neutre. M. Il n’y a pas que la couleur de tes verres qui jouent, il y a aussi leur focale. En vue locale, par le petit bout de la lorgnette, le monde est soit noir soit rose, mais pas simultanément, alors qu’en observation globale, distale, il s’aneutrit, s’homogénéise en un consensus viable. Il y a bien compensation nécessaire, c’est la signature de la viabilité, fût-elle évolutive. L. Que compensent selon toi Saint François d’Assise ou Jésus ? Qui pourrait compenser la Shoah ou la Saint Barthélemy, ou mille guerres, crimes et exactions ? Des comparaisons sont-elles possibles ? Avons-nous affaire à une même idée dont nous rapprochons les extrémités de l’échelle ? Bien et mal sont-ils consubstantiels, commensurables ? Le mal serait-il l’absence de bien ou le bien celle de mal, comme la nuit serait l’occultation du jour ? J’ai du mal à y croire. M. Il te faut tenir compte aussi de leur "visibilité" et de leurs fréquences : la mise en exergue autant que la rareté ne confèrent-elles pas un poids surfait au ressenti. De même la proximité ou l’implication. L. Certes et les millions de petits biens quotidiens et de chacun font passer les grands maux sporadiques et bien en vue. Compensation : le petit bien agit autour de lui dans l’anonymat du grand nombre, sur un petit nombre, alors que le grand mal en petit nombre détruit un grand nombre anonymement, du fait de sa distance. M. Compensation : "peu partout" contre "beaucoup ici". En fait, à la complexification et à l’évolution près (note bien que je dis évolution et non révolution) le jeu du monde est à somme quasi nulle et celui de l’univers à somme strictement nulle par construction et par la définition même dudit univers. L. Et le quasi nul est favorable au bien, n’est-ce pas ? M. C’est toi qui le dis. L. Je n’ai pas l’immodestie de me croire une richesse pour le monde, non plus que l’humilité de m’y croire préjudiciable… vue de ma fenêtre M. Rassures-toi quant à ta présence, vue depuis ma fenêtre, il en va de même. L. Oui, décidément, un bien fait n’est jamais perdu ! Ânemitiés à tous Lucia & Mélano |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 18:48 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 18:53 | Re: Justice et equité |
![]() Templier Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 52 Commentaires: 3121 Votes reçus: 364 Votes distribués: 142 Inscription: 2008-07-17 Bloquer |
Citation du message publié par colegram
merci à vous pour cette intéressante réflexion.A mon sens,l'équité est notre part d'amour à équidistance de notre part de haine.Nous avons construit depuis des siècles l'illusion de la Désunion et nous avons oublié ce qu'est l'Unité. bravo pour cette analyse, un beau constat, et unedure réalité, mais ce sont aussi ces moments de doutes et de tempêtes qui font prendre conscience aux marins chevronnés qu'il n'y a pas de fumée sans feu, qu'il n'est pas de voiles sans vents... respect |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 18:53 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 19:01 | Re: Justice et equité |
![]() colegram Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 15 Commentaires: 321 Votes reçus: 28 Votes distribués: 26 Inscription: 2008-08-02 Bloquer |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 19:01 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 19:09 | Re: Justice et equité |
![]() eclaircie Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 209 Commentaires: 12264 Votes reçus: 903 Votes distribués: 1430 Inscription: 2008-01-19 Bloquer |
alors pour répondre à Ripo et donner mon sentiment à Pompon1, ce texte est pour moi très obscur, bien plus que le premier, et je ne blamerai pas ceux qui vont à coté.Chacun a le loisir de choisir ses lectures au gré de ses envies, humeurs, capacités intellectuelles.il faut les deux, ici, ainsi je ne serai jamais venue ici, s'il n'y avait que ce genre d'écrits, maisntenant je m'approche. je l'avais déjà évoquer avec L&M, on ne peut si comme moi, on ne connais que très peu toutes les références évoquées, tout le vocabulaire employé, profiter de cette lecture et en commenter les idées. Pour celui ci Pompon1, je crois qu'il me faudra un an pour le décortiquer, merci de nous l'avoir proposé. |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 19:09 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 19:13 | Re: Justice et equité |
![]() Templier Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 52 Commentaires: 3121 Votes reçus: 364 Votes distribués: 142 Inscription: 2008-07-17 Bloquer |
Citation du message publié par colegram
comme quoi quelques fois on a tord de prendre parti, je m'abstiendrai donc de tout commentaires à l'avenir, c'est trop risqué...les belles paroles sont quelques fois démunies de compréhension et "d'équité" |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 19:13 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 20:22 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Il ne faut jamais jeter la pierre, ami Ripolinospremier - en l'air, elle peut vous retomber sur la tête - par terre, elle peut vous écraser le pied - sur son voisin, il va peut-être vous en renvoyer une et puis une pierre, cella laisse des éclats . Tiens, pour le plaisir, je vous RE-mets ce petit texte pierreux. « Tu es pierre, et SUR cette pierre je bâtirai mon église » dit Jésus à Pierre, « Tu es pierre, et AVEC cette pierre je bâtirai l’humanité » lui ai-je répondu. Croyez-vous que ce soit à la pierre taillée que l’on reconnaisse l’Homme ? à sa forme ou ses dimensions, son poids ou sa couleur, à son poli ou son grain, son orient limpide ou terne, son fini ou sa patine, à son harmonie ou sa beauté ? (à ses crapauds peut-être aussi) que nenni ! Ce serait faire fi de la pierre brute qu’il a été, du bloc natif, rocher en strates ou filons ou poudingue dingue de complexité, fragment érodé de montagne ou poussière d’étoile agrégée ; ce serait renier les potentialités qu’un patient labeur a révélées ; ce serait sous-estimer les hésitations et les doutes, les fausses routes et les impasses, les enthousiasmes et les désespoirs, les stases et les progrès de l’œuvrier, les désespoirs et les intuitions géniales ; ce serait craindre de regarder derrière soi la route balisée par la genèse, la réalisation et le parachèvement de l’œuvre ; ce serait occulter le problème au profit de la solution, le départ par rapport à l’arrivée, l’œuvre en regard du plan, ou la cause à lumière de l’effet. Je m’interroge sur ce qui fait l’Homme, celui qui mérite le grand H ? la pierre à demi polie telle qu’actuellement ou ce qui, par une longue ascèse, fut retiré du bloc brut, sorte de négatif de la photo du jour, pour qu’il parvienne à ressembler à ce que nous en voyons ? Retournons donc sur le chantier, entrons dans la carrière désertée par nos aînés, à pas de loup entre chien et loup. Là réside un secret inaperçu car trop ostensible. Quoique nous ne voyions d’emblée que poussières qui volent, frivoles, dansant dans la lumière, que fragments, rognures et brisures, que gravats et éclats, que sable instable et éboulis en lits, des marques de carriers sur les parois parfois nous interpellent, des blocs et des rocs, des pierres perdues, des statues en ébauches, une débauche de stèles et de balustres gisant oubliés ou inachevés, relégués : c’est là que réside l’enseignement, sous le chaos initial, dans l’ombre des décombres sans nombre. Sur le chantier, dans la carrière dorment, délaissés, les éclats de pierre abandonnés céans par les générations de carriers et d’artificiers, de fendeurs et de scieurs, de dégrossisseurs et de tailleurs, de sculpteurs et de ciseleurs, dont le résultat résiduel utile, moindre partie ou quintessence, se vit un temps magnifié, utilisé jusqu’à l’usure, et qu’un futur, moins lointain qu’on ne l’espère, va éroder ou déliter pour qu’elles assument leur grave destin de gravats. Lorsque la ville en aura perdu trace ou les aura noyées sous sa marée bétonnière, c’est à cette source qu’il faudra rechercher le témoignage des pierres ; c’est du pierrier ou du terril, du cairn ou des tumuli qu’il faudra exhumer leur souvenir, pour tenter de les ressusciter. Lorsque l’humanité en aura perdu trace ou les aura noyés sous sa démographie anthropique, et de plus entropique, c’est à la source, dans cette société qui l’a vu naître et l’a façonné, qu’il nous faudra rechercher le témoignage de l’Homme, pour en ressusciter l’œuvre et l’esprit. L’homme vrai se reconnaît moins à sa pierre qu’à ses éclats : éclats de pierre ou de lumière, éclats de colère ou de voix aussi… sans oublier ses éclats de rire. Il se doit d’éclater et de tonitruer, de vociférer et vitupérer lorsque le monde va à vau-l’eau et court à sa perte ; sa colère est salutaire en notre époque délétère, et ses coups de gueule contre les veules intérêts sont bienvenus : qui ose encore gueuler de nos jours politiquement corrects ? non, si les gens hurlent, c’est avec les loups, ils ronchonnent in petto ou râlent à l’envi, mais ce n’est qu’un chuintement juste bon à meubler leur assourdissant silence ; l’homme le vrai, gueule, lui, ou le devrait : il clame ou acclame, c’est selon. L’homme vrai se doit d’éclater de rire, de se tirebouchonner et se torboyauter, de se gondoler et de s’esclaffer lorsque le monde court au plus inepte ; sa jubilation est salutaire dans une époque morose pas rose, et ses fous rires bienvenus : qui ose encore impertiner de nos jours politiquement corrects ? non, les gens sourient jaune in petto ou se gaussent à l’envi, mais ce n’est qu’en répons aux débilités des étranges lucarnes ou aux brèves de comptoir, ce n’est que hoquet juste bon à meubler le pessimisme ambiant, comme en surimpression ; l’homme, le vrai, rit franchement et sans retenue, lui, ou le devrait : il ironise et relativise. Car il taille sa pierre, joli symbole. Mais comment la taille-t-il ? en dilettante, ou en pro ? humblement ou con brio ? distraitement ou armé de zèle et de constance ? en adepte ou en adicte ? La façon de la taille importe plus que son produit ; le choix des outils et méthodes davantage que le fini de la pièce ; l’appareillabilité aux autres blocs plus qu’une perfection solitaire peu solidaire. Originellement, quelle était sa pierre ? In fine, qu’est-elle devenue ? à travers quels avatars, par le truchement de quelles métamorphoses ? Pierre pierreuse ; pierre si polie (trop pour être honnête insinuerait quelques serpents) qu'elle s’avère insaisissable, ou si travaillée qu'il n’en reste que farine ; ruine, pierre si érodée qu’elle est lisse comme un galet d’Etretat, ou si explosée, chantournée, tarabiscotée qu’elle est devenue fragile, fractale ou fracture ; pierre gélive et chétive ; pierre vive quasi transparente, pierre morte à la porte, terne et délaissée ; pierre native et solide ou artificielle et stérile ; pierre brisée puis recollée ou broyée et reconstituée ; schiste délitable ou cristal infrangible ; première pierre ou pierre première ; pierre angulaire ou d’achoppement ; pierre omniprésente par sa banalité ou précieuse par ses réfractions et sa rareté ; pierre de taille ou ponce légère vide à faire douter de sa réalité ; mais aussi… pierre qui roule et écrase la mousse qu’elle n’amasse point... météorite, fulgurite, pierre de lune… Pour la pierre, le minéral veux-je dire, par taillage ou sciage, usinage, griffage, polissage ou ponçage ; par appareillage ou ajustement, par amoncellement ou encastrement ; par moult opérations connues et maîtrisées par les seuls spécialistes, car la pierre ne s’entend pas isolée qui n’est alors que bloc dénué d’objet, elle se conçoit associée à d’autres solidement et harmonieusement assemblées, suivant un plan parfois celé mais garant d’un but précis ; elle se comprend en tant qu’édifice ou partie d’icelui : régiments de mégalithes ou moas de Rapa Nui en longues lignes, menhirs ou dolmens, pyramide, ksar ou donjon, église ou temple, tour ou pont, murger ou buron ; elle se connaît en tant que support ou couronnement, fondation ou chef, clef de voûte ou gargouille, pavage ou parement, assise ou faîte, fondement ou solin, ardoise ou lauze, toiture ou coupole ; elle se reconnaît en ce qu’elle ne connaît pas de limite : muraille chinoise, elle aligne les lis par dizaines de mille quand, tour de Babel ou sky-scraper, elle agace la demeure des Dieux. Pour la Pierre, l’Homme veux-je dire, par frication, échanges et écoute, paroles et silences ; par taillage de sa pierre et rectification, par équerrage et nivellement ; par moult opérations connues et maîtrisées par les seuls initiés, car l’homme ne s’entend pas isolé qui ne serait qu’un quidam dénué de projet, il se conçoit associé à d’autres, solidement et harmonieusement unis, suivant un plan parfois celé mais garant d’un but précis ; il se comprend en tant qu’édifice social ou partie d’icelui : famille ou clan, tribu ou ethnie, association ou groupement, parti ou école, chapelle ou cellule, caste aussi, ou trame d’un tissu sociétal efficient et effectif, efficace et conscient, en tant qu’élément d’une structure locale (palier ou étage, bloc ou pâté, rue, quartier, ville, province, région, nation) ou distale (continent, monde, voire univers puisqu’il se veut universel) ; il se reconnaît en ce qu’il n’a pas de limite et n’a de cesse d’enjamber toute barrière, de traverser ou renverser clédals ou claustras, de transgresser ukases et diktats ; seule la porte lui importe du mur ou de la cloison ; rideau de fer ou de bambou, murs berlinois ou d’Israël cherront sous son boutoir. Quid des éclats ? L’éclat fait l’œuvre : par son absence il engendre la forme et module l’espace, comme celle de mur crée la fenêtre ou l’issue. Pourquoi le conserver ? en souvenir et témoignage du parcours ou de l’évolution ; comme chronologie de la construction ; pour restaurer celui qu’un coup de ciseau mal dirigé ou de maillet trop véhément n’aurait pas dû enlever ; en tant que négatif de la pierre, sorte de moule ; par simple respect du matériau et de l’énergie dépensée pour le façonner, du génie mis à concevoir l’œuvre, dont seul il garde la trace ; pour mille autres raisons : parce qu’il n’est ni délictueux ni défectueux. L’éclat n’est pas une scorie que l’on jette mais un bagage superflu dont on s’allège pour tangenter l’essentiel. L’éclat est précieux, dont le nom même évoque la lumière. D’une certaine façon un poème est comme un homme, le fruit d’un élagage. Le pavé initial qui requit la lecture de pages par milliers et leur écriture par centaines se verra torturé et trituré, équarri et épitomé, tronçonné et tronqué, rongé et rogné jusqu’à ne présenter plus que le squelette de quelques feuillets : mais quel squelette ! Le charognage des brouillons du poème, par excision et effacement, caviardage et bavardage, par réécriture, par copier-coller pour les accro du clavier, laisse lui aussi ses éclats, brillants parfois que l’on est chagrin de reléguer aux oubliettes ou à nos regrets, quand ils ne nourrissent pas une corbeille indifférente et affamée. Doit-on les snober, les ignorer, les mépriser ? Faut-il les conserver ? Y a-t-il un Homme dans toute pierre ? je le pense, quoiqu’il s’avère parfois inextrayable ou trop fragile, si subtilement dissimulé, si intériorisé que l’on passera à côté comme on le fait pour maintes géodes ou gemmes en leur gangue. Qui n’est pas convaincu de cela ne le trouvera pas faute de le chercher, appliquant le trop prudent proverbe « Dans le doute abstiens-toi », au mépris de l’espérance et de l’utopie. Trop longtemps délaissée, la pierre dont aucun éclat n’aura chu, dénué d’éclat par le temps accumulé et la pollution sournoise, ne renfermera plus qu’un fossile : comment l’en critiquer, n’est-ce pas de chacun de nous qu’il faudrait se plaindre ? Homme, qu’as-tu fait de tes éclats ? S’il ne valaient rien tu ne vaut guère davantage. As-tu oublié ton origine et les chemins parcourus ? N’as-tu pas, Petit Poucet, balisé ta route d’un long d’un sillage de fragments ? tes pas n’ont-ils laissé nulle trace dans la poussière ? tes brisées seraient-elles muettes ? Toi seul peux répondre. Homme, ne renie pas tes éclats, qu’ils soient de voix ou de rire, de Pierre ou de Lumière, car tu leur dois d’être devenu ce que tu es : Toi ! Amitiés à toutes les pierre, polies ou non. Lucia & Mélano |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 20:22 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 20:26 | Re: Justice et equité |
![]() Echanson Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 90 Commentaires: 3672 Votes reçus: 421 Votes distribués: 1192 Inscription: 2007-11-14 Bloquer |
Citation du message publié par Pompon1
Pour mon ami François, cette petite causerie entre nos deux comparses. LUCIA Figures-toi que j’ai été "sélectionnée" pour faire partie d’un jury d’Assises, jackpot dont je me fusse volontiers dispensé : on n’en ressort pas indemne ! MELANO Mais il faut bien qu’il y ait des jurés, non ? Cela ne fait-il pas partie des principes mêmes de notre droit. Je suppose que tu ne me raconteras pas la chose puisque vous êtes tenus au secret. L. En effet, d’ailleurs ce n’est là l’affaire. L’affaire criminelle incriminée (« Un crime y naît » : je veux souligner par ce calembour là que notre justice fait émerger, construit, "invente" la vérité qui émerge au fil du procès, au lieu que de la "découvrir" n’est qu’un exemple, c’est la justice qui m’interpelle). M. La Justice-institution, la justice institutionnalisée, ou le juste ? Le Droit codifié ou le droit ? Justice et Droit ne sont-ils pas les pierres angulaires d’une cohésion sociétale ? L’idéal ne serait-il pas qu’ils devinssent inutiles mais c’est, je le crains, l’incontournable arbitre du conflit individu-société. L. Et l’équité dans cela ? Je n’en ai pas même vu l’ombre dans les prétoires. Compassion, culpabilisation, angélisme ou diabolisation, effets de manche… en deux manches (celle du procureur et celle de l’avocat), paroles, paroles, paroles. Beaucoup de verbe et peu de faits, du qualitatif au préjudice du quantifiable, du hâtif au détriment du fiable, du roman et de la fable, et une vérité absente car ineffable qui semblerait perdue, incongrue en la tribune du tribunal ou le tribun est maître plus que l’analyste : voilà ce que j’ouïs, voici ce que je vis. Des règles disant la règle mais sans mesure, des barèmes, des minutes durant des heures, et la recherche d’une perfection procédurale quant seule celle humaine importe. M. Bel et bon, mais n’étais-tu pas là ? N’y avais-tu pas ton mot à dire, ton jugement à prononcer qui affecterait le prononcé du jugement ? Ne fit-on pas appel à ton intime conviction ? L. Certes et je redis avec Syriex que « Lorsque l’on n’a plus de certitudes il est bon d’avoir des convictions », mais l’enjeu est de trop de taille : l’avenir d’un homme, la réparation, la protection d’une société, la victime directe et celles indirectes, et mille autres choses encore… M. Suggérerais-tu que justice et équité soient antinomiques ? Définissons-les, nous y verrons peut-être plus clair. En quoi diffèrent-elles, que sont et font-elles ? Les mettrais-tu en pendant ? Les prends-tu comme opposées ou complémentaires, ou comme les deux aspects d’une même idée vue par l’un ou l’autre bout de la lunette (un peu comme relativité et quanta, ondes et corpuscules, dans ma chère physique), ou tenant de l’une ou l’autre extrémité du spectroscope social de Koestler ? L. S’agissant de la justice face à qui l’on comparaît, plutôt que de définir, si je comparais ? En quoi diffèrent justice et équité : en nature ou en amplitude, en rigueur ou en liberté ? A ton avis ? M. La justice nous sépare, en quelque sorte nous isole, défend chacun contre chacun et tous contre tous, comme s'ils étaient ou s'ils pouvaient devenir nos ennemis. L. Alors que l'équité nous rapproche, nous lie, nous confond pour ainsi dire, ensemble comme amis, comme frère., comme membres du même corps : la propriété est exclusive et l’égalité communicative. M. La justice défend la propriété… L. …quand l’équité promeut l’humanité car la propriété est exclusive et l’égalité communicative, ce en quoi la justice sépare, alors que l’équité rapproche. M. La justice permet une grande inégalité entre les hommes… L. …que l’équité œuvre à faire disparaître par une égalité d’accès aux conditions du bonheur. Ainsi pendant que la justice répare les torts causés par l'injustice des hommes, l'équité nous presse de réparer envers eux ceux qui résultent de l’injustice du sort. Rendez le bien pour le bien, c’est encore un principe d’égalité : partout vous trouverez des compensations à faire. M. La justice, en se révélant inflexible, assure la tranquillité des Etats et veille à la sûreté de leurs citoyens. L. Rôle dans lequel elle se trouve souvent en opposition avec l'équité parce que, jugeant d'après des règles invariables, elle ne doit voir que le fait dans sa nudité factuelle, au lieu que l’équité se rapprochant de l'intention, n'a d'autres lois que celles dont la nature ou les circonstances lui dictent la voie : elle nous ramène à l'observance des lois premières oubliées lesquelles ne sont pas écrites mais se font sentir , et c'est à ce cri du besoin d’aimer et de traiter les hommes en frères que nous cédons. « On n’est homme, dit la Bruyère, que lorsque l’on est équitable. » M. D'une autre façon, la Justice c'est l'application de la Loi, enfant putatif du Décalogue, tandis que l'Équité est l'application de la Loi d'Amour prônée par le Christ. L. Flexible et adaptable l’équité est naturelle… M. …tandis qu’inflexible par essence la justice ne l’est pas comme l’illustre le "Jugement de Salomon" selon lequel elle commanda, sans état d’âme, de débiter un enfant, sauvé par le gong par l’équité qui, en ultime ressort, enjoignit de respecter la nature en le réunissant à sa mère (j’y reviendrai). La justice se veut globale, exhaustive et impartiale… L. …quand l’équité se comprend locale, incomplète, partielle et partiale. M. La justice ne se conçoit qu’objective… L. …alors que l’équité est nécessairement subjective (je dirais presque « Par construction », parodiant ton jargon matheux). M. Quels seront nos préceptes directeurs en la matière ? Laisse-m’en appeler à d’éminents penseurs : - Saint Matthieu le rigoureux suggère « Ne jugez pas selon l’apparence mais selon la justice » quand Jean, prudent, recommande « Ne jugez point afin que vous ne soyez point jugés » - Hillel l’exégète prévient : « Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu ne sois à sa place » L. Je pourrais me référer à d’autres, ainsi : - à propos du jugement Sénèque précise, dans « De Ira » : « Le bon juge condamne le crime sans haïr le criminel » - le « Dao-de-jing » propose un programme auquel il m’est difficile de ne pas souscrire : « Le sage équarrit sans blesser, incline sans porter atteinte, rectifie sans faire violence et resplendit sans éblouir » M. Ou encore : - Mahomet le mesuré conseille : « Combattre le mal par le bien est honorable, lui résister par le mal est funeste » - pour Confucius, l’homme de bien doit : « Etre juste sans inflexibilité mais savoir plier sans se courber » L. Last but not least, Saint Augustin a ma préférence qui nous rappelle dans « La cité de Dieu » que « Le plus grand malheur des hommes vient de ce qu’ils jugent des choses non selon leur nature mais suivant leur rapport occasionnel avec eux ». Tous parlent de justice, mais quelle place pour cette équité qui ne semble guère avoir ton inclination ? M. J’en reviens comme promis à Salomon dont la légende est de nature à nous éclairer, non en tant qu’elle relate un fait, mais de par la manière dont elle le fait qui est le reflet de ses scripteurs et des mœurs de l’époque. L. Il me serait donc loisible de l’écrire autre, actualisée, voire de l’ "interpréter" ? M. J’irai jusqu’à te le conseiller. Voici l’histoire telle qu’on la lit, en moyenne, dans les diverses bibles. Un jour (peu importe les circonstances puisqu’il s’agit d’un mythe, d’une légende, d’une fable, d’une parabole, juste un écrit pour faire réfléchir), un jour donc, deux femmes se disputaient un enfant. Des soldats passant là trouvent que cela fait désordre et les embarquent pour les présenter à la justice, en l’occurrence, leur roi réputé sage : Salomon. Ses décisions étant sans appel, les argousins n’ont cure de quelles elles seront, pourvu que l’ordre règne. Adonc Salomon écoute pensivement un dialogue fougueux et emmêlé où toutes deux parlent sans écouter, tentant de couvrir la voix de l’autre. Rien de clair, aucune piste factuelle, l’enfant est peut-être à l’une des deux (à moins qu’à aucune d’elles) mais en aucun cas aux deux. A laquelle : celle qui crie le plus fort ou celle qui argumente le mieux ? Comment décider ? Il le faut pourtant, sa réputation est en jeu ! C’est que plus délicat car il sait sa décision exécutoire. L. Aujourd’hui, on procèderait des analyses génétiques, non ? M. Lesquelles, tu t’en souviens, ne sont fiable "que" dans le sens de l’exclusion on peut infirmer une paternité ou une maternité, on peut l’estimer probable, mais jamais la confirmer, il faudrait pour cela la totalité du génome… et encore, il demeurait une infime probabilité de doublon. L. Peut-être vaudrait-il mieux revenir au texte "officiel", pourquoi pas celui de la Bible de Jérusalem ? Voyons : « Deux prostituées vinrent vers le roi et se tinrent devant lui. L'une des femmes dit : " S'il te plaît, Monseigneur, moi et cette femme habitons la même maison et j'ai eu un enfant alors qu'elle était dans la maison. Il est arrivé que le troisième jour après ma délivrance cette femme aussi a eu un enfant. Nous étions ensemble et il n'y avait que nous deux. Or le fils de cette femme est mort une nuit parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle prit mon fils d'à côté de moi et le mit sur son sein, et son fils mort sur mon sein. Je me levai pour allaiter mon fils, et voici qu'il était mort ! Je l’examinais et vis que ce n'était pas l’enfant que j'avais enfanté !" Alors, l'autre femme dit : "Ce n'est pas vrai ! Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" Elles se disputaient devant le roi qui prononça : « Celle-ci dit : "Voici mon fils et c'est ton fils qui est mort !" Celle-là dit : " Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" » C’est ici que se noue l’histoire : « "Apportez-moi une épée," ordonne le roi, on lui apporta l'épée et il dit Partagez l'enfant vivant en deux et donnez la moitié à l'une et la moitié à l'autre." Alors la femme dont le fils était vivant s'adressa au roi : "S'il te plaît Monseigneur ! Qu'on lui donne l'enfant, qu'on ne le tue pas !" Mais celle-là disait : "Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez !" Le roi dit alors : " Donnez l'enfant à la première, c'est elle la mère ! " Tout Israël apprit le jugement qu'avait rendu le roi et le révérèrent car ils virent en lui une sagesse divine pour rendre la justice. » M. Bon, ce sont des prostituées (à l’époque, ce mot ne se comprenait pas comme de nos jours), il n’y a pas de soldats et elle viennent de leur propre et libre volonté se prêter à un jugement qu’elle savent comminatoire. Dans le "fond" cela change-t-il la problématique ? Si je résume : nous avons deux femmes qui connaissent toutes deux la vérité vraie, elles savent aussi la nécessité d’une vérité sociale, légale, officielle, la seule qui leur soit opposable. Qu’elles mentent ou disent le juste, l’une et l’autre se voient contraintes d’accepter la vérité administrative, et attendent toutes deux (bien que leur motivations divergent) qu’elle soit tranchée. Or cette vérité "applicable" est une vérité "fabriquée", un objet de consensus : il leur chaut donc de l’influencer avant qu’elle ne soit gravée dans le marbre, chacune persuadée, que ce fût par naïveté ou rouerie, qu’elle peut le faire, suivant l’idée qu’elle se fait du raisonnement du roi. L. Cela ne change que peu les choses mais ouvre des portes, on pourrait comprendre l’histoire autrement. M. Ah oui ? L. Par exemple, c’est la mère de l’enfant mort qui, raisonnant au second degré, réclame le sauvetage car elle suppose que sa plaidoirie sera interprétée au premier degré, comme spontanée, alors que le mère réelle, devant le mensonge de l’autre plaignante, préfèrerait la mort de son enfant plutôt que de le voir tomber dans des mains impures. Auquel cas le jugement serait erroné. Qu’est-ce qui a motivé Salomon ? Son intime conviction ? Vraiment, le critère est fragile ! Je préfère penser qu’il a jugé en équité, optant pour le moindre mal. M. Tu en déduis ? L. Que la parabole est homéomorphe à ce jury d’Assise où, suite à une plaidoirie et un réquisitoire (argumentés tous deux bien au-delà du second degré), il appartient aux jurés de se prononcer "en leur âme et conscience", de dire leur "intime conviction". Là également, l’on "produit" l’officielle vérité, au lieu que d’assister à l’émergence de celle factuelle. Le parallèle est frappant, j’en déduis que mes états d’âme et mes interrogations sont vieux comme le monde, fondamentalement humains. M. Est-ce si négatif ? Cela ne constate-t-il pas simplement le fait que la justice est un fait "humain" (ce en quoi nous différons de l’animal) et qu’en dernier ressort elle appartient à l’homme et non au système, l’eût-il conçu. L. Il n’empêche, cela a souvent conduit au lynchage ou à la lapidation (laquelle existe encore de nos jours), est-ce acceptable ? M. La loi du pus fort te semblerait-elle plus juste que celle du plus nombreux ? L. Je ne sais pas, je ne sais plus, voilà bien pourquoi, lorsque l’on me dit « Justice », je rétorque aussitôt « Equité ». Ânemitiés à tous Lucia & Mélano Ah! Le Bonheur ! Revoici de quoi nous faire travailler les méninges, signé par notre Ami! Avant toute chose, je vous salue très respectueusement, Ami Lucia & Mélano! Que dire de mieux que ceci: justice et équité de par mon expérience personnelle sont deux divinités modernes ou intemporelles, résidant toutes deux du côté de l'imaginaire Olympe des limbes de notre Humanité! Un jour peut-être, sur un point précis parviendra-t-on à faire rimer Justice et Equité, fait aussi probable que de rendre tous les hommes sages et bons! En réalité, je crois toujours vrai ce qu'on m'affirmait jadis en cours de philosophie: il est possible mais parfaitement illogique d'établir une Loi interdisant à quiconque d'aller faire du vélo sur la Lune...Ce serait là oeuvre de Justice. Cependant, l'inutilité d'une telle Loi apparaît à tous. Le drame de notre monde réside à mes yeux en ceci que les Législateurs sont bien trop en décalage moral avec la perversité humaine, qu'ils appréhzndent difficilement, et la reconnaissance de facto d'un Etat signifie que l'on reconnaît ses décisions de Justice comme fondées en Droit. Comme tous les pirates informatiques qui imaginent des virus contre lesquels, ensuite,les " spécialistes" tentent de lutter. (Nous voici donc bien démunis face à tous les totalitarismes et surtout face au pire: celui qui voit régner les Cours de pays notoirement corrompus mais déclarés " souverains" dont les décisions sont par suite respectées à la lettre et que personne n'ose critiquer!!!) Un jour, la Justice( européenne)! me rendra peut-être justice; j'appellerai cela la justice parce que tel est le terme employé par tous ceux qui demandent justice, mais je sais que cela demeure du registre de l'équité, équilibre, peasant le vrai et le faux et donnant raison au vrai enfin démontré... Tel est le dilemme : nous appelons familièrement "justice " (se faire justice soi-même, il y a une justice, etc.) ce qui est l'eaxamen des causes et des faits, non selon des procédures prédéterminées -qui semblent facilement perverties par les esprits tordus-,mais selon la simple bonne foi des gens droits... Et on peut de même recommencer à réfléchir sur ce qu'est un citoyen honnête et droit................. Comme nombre d'entre nous, je tente d'oeuvrer de sorte que la Justice promeuve la morale! Bien respectueusement et amicalement à vous, Echanson P.S. Un grand sourire à François! |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 20:26 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 20:28 | Re: Justice et equité |
![]() Echanson Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 90 Commentaires: 3672 Votes reçus: 421 Votes distribués: 1192 Inscription: 2007-11-14 Bloquer |
Citation du message publié par Pompon1
Pour mon ami François, cette petite causerie entre nos deux comparses. LUCIA Figures-toi que j’ai été "sélectionnée" pour faire partie d’un jury d’Assises, jackpot dont je me fusse volontiers dispensé : on n’en ressort pas indemne ! MELANO Mais il faut bien qu’il y ait des jurés, non ? Cela ne fait-il pas partie des principes mêmes de notre droit. Je suppose que tu ne me raconteras pas la chose puisque vous êtes tenus au secret. L. En effet, d’ailleurs ce n’est là l’affaire. L’affaire criminelle incriminée (« Un crime y naît » : je veux souligner par ce calembour là que notre justice fait émerger, construit, "invente" la vérité qui émerge au fil du procès, au lieu que de la "découvrir" n’est qu’un exemple, c’est la justice qui m’interpelle). M. La Justice-institution, la justice institutionnalisée, ou le juste ? Le Droit codifié ou le droit ? Justice et Droit ne sont-ils pas les pierres angulaires d’une cohésion sociétale ? L’idéal ne serait-il pas qu’ils devinssent inutiles mais c’est, je le crains, l’incontournable arbitre du conflit individu-société. L. Et l’équité dans cela ? Je n’en ai pas même vu l’ombre dans les prétoires. Compassion, culpabilisation, angélisme ou diabolisation, effets de manche… en deux manches (celle du procureur et celle de l’avocat), paroles, paroles, paroles. Beaucoup de verbe et peu de faits, du qualitatif au préjudice du quantifiable, du hâtif au détriment du fiable, du roman et de la fable, et une vérité absente car ineffable qui semblerait perdue, incongrue en la tribune du tribunal ou le tribun est maître plus que l’analyste : voilà ce que j’ouïs, voici ce que je vis. Des règles disant la règle mais sans mesure, des barèmes, des minutes durant des heures, et la recherche d’une perfection procédurale quant seule celle humaine importe. M. Bel et bon, mais n’étais-tu pas là ? N’y avais-tu pas ton mot à dire, ton jugement à prononcer qui affecterait le prononcé du jugement ? Ne fit-on pas appel à ton intime conviction ? L. Certes et je redis avec Syriex que « Lorsque l’on n’a plus de certitudes il est bon d’avoir des convictions », mais l’enjeu est de trop de taille : l’avenir d’un homme, la réparation, la protection d’une société, la victime directe et celles indirectes, et mille autres choses encore… M. Suggérerais-tu que justice et équité soient antinomiques ? Définissons-les, nous y verrons peut-être plus clair. En quoi diffèrent-elles, que sont et font-elles ? Les mettrais-tu en pendant ? Les prends-tu comme opposées ou complémentaires, ou comme les deux aspects d’une même idée vue par l’un ou l’autre bout de la lunette (un peu comme relativité et quanta, ondes et corpuscules, dans ma chère physique), ou tenant de l’une ou l’autre extrémité du spectroscope social de Koestler ? L. S’agissant de la justice face à qui l’on comparaît, plutôt que de définir, si je comparais ? En quoi diffèrent justice et équité : en nature ou en amplitude, en rigueur ou en liberté ? A ton avis ? M. La justice nous sépare, en quelque sorte nous isole, défend chacun contre chacun et tous contre tous, comme s'ils étaient ou s'ils pouvaient devenir nos ennemis. L. Alors que l'équité nous rapproche, nous lie, nous confond pour ainsi dire, ensemble comme amis, comme frère., comme membres du même corps : la propriété est exclusive et l’égalité communicative. M. La justice défend la propriété… L. …quand l’équité promeut l’humanité car la propriété est exclusive et l’égalité communicative, ce en quoi la justice sépare, alors que l’équité rapproche. M. La justice permet une grande inégalité entre les hommes… L. …que l’équité œuvre à faire disparaître par une égalité d’accès aux conditions du bonheur. Ainsi pendant que la justice répare les torts causés par l'injustice des hommes, l'équité nous presse de réparer envers eux ceux qui résultent de l’injustice du sort. Rendez le bien pour le bien, c’est encore un principe d’égalité : partout vous trouverez des compensations à faire. M. La justice, en se révélant inflexible, assure la tranquillité des Etats et veille à la sûreté de leurs citoyens. L. Rôle dans lequel elle se trouve souvent en opposition avec l'équité parce que, jugeant d'après des règles invariables, elle ne doit voir que le fait dans sa nudité factuelle, au lieu que l’équité se rapprochant de l'intention, n'a d'autres lois que celles dont la nature ou les circonstances lui dictent la voie : elle nous ramène à l'observance des lois premières oubliées lesquelles ne sont pas écrites mais se font sentir , et c'est à ce cri du besoin d’aimer et de traiter les hommes en frères que nous cédons. « On n’est homme, dit la Bruyère, que lorsque l’on est équitable. » M. D'une autre façon, la Justice c'est l'application de la Loi, enfant putatif du Décalogue, tandis que l'Équité est l'application de la Loi d'Amour prônée par le Christ. L. Flexible et adaptable l’équité est naturelle… M. …tandis qu’inflexible par essence la justice ne l’est pas comme l’illustre le "Jugement de Salomon" selon lequel elle commanda, sans état d’âme, de débiter un enfant, sauvé par le gong par l’équité qui, en ultime ressort, enjoignit de respecter la nature en le réunissant à sa mère (j’y reviendrai). La justice se veut globale, exhaustive et impartiale… L. …quand l’équité se comprend locale, incomplète, partielle et partiale. M. La justice ne se conçoit qu’objective… L. …alors que l’équité est nécessairement subjective (je dirais presque « Par construction », parodiant ton jargon matheux). M. Quels seront nos préceptes directeurs en la matière ? Laisse-m’en appeler à d’éminents penseurs : - Saint Matthieu le rigoureux suggère « Ne jugez pas selon l’apparence mais selon la justice » quand Jean, prudent, recommande « Ne jugez point afin que vous ne soyez point jugés » - Hillel l’exégète prévient : « Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu ne sois à sa place » L. Je pourrais me référer à d’autres, ainsi : - à propos du jugement Sénèque précise, dans « De Ira » : « Le bon juge condamne le crime sans haïr le criminel » - le « Dao-de-jing » propose un programme auquel il m’est difficile de ne pas souscrire : « Le sage équarrit sans blesser, incline sans porter atteinte, rectifie sans faire violence et resplendit sans éblouir » M. Ou encore : - Mahomet le mesuré conseille : « Combattre le mal par le bien est honorable, lui résister par le mal est funeste » - pour Confucius, l’homme de bien doit : « Etre juste sans inflexibilité mais savoir plier sans se courber » L. Last but not least, Saint Augustin a ma préférence qui nous rappelle dans « La cité de Dieu » que « Le plus grand malheur des hommes vient de ce qu’ils jugent des choses non selon leur nature mais suivant leur rapport occasionnel avec eux ». Tous parlent de justice, mais quelle place pour cette équité qui ne semble guère avoir ton inclination ? M. J’en reviens comme promis à Salomon dont la légende est de nature à nous éclairer, non en tant qu’elle relate un fait, mais de par la manière dont elle le fait qui est le reflet de ses scripteurs et des mœurs de l’époque. L. Il me serait donc loisible de l’écrire autre, actualisée, voire de l’ "interpréter" ? M. J’irai jusqu’à te le conseiller. Voici l’histoire telle qu’on la lit, en moyenne, dans les diverses bibles. Un jour (peu importe les circonstances puisqu’il s’agit d’un mythe, d’une légende, d’une fable, d’une parabole, juste un écrit pour faire réfléchir), un jour donc, deux femmes se disputaient un enfant. Des soldats passant là trouvent que cela fait désordre et les embarquent pour les présenter à la justice, en l’occurrence, leur roi réputé sage : Salomon. Ses décisions étant sans appel, les argousins n’ont cure de quelles elles seront, pourvu que l’ordre règne. Adonc Salomon écoute pensivement un dialogue fougueux et emmêlé où toutes deux parlent sans écouter, tentant de couvrir la voix de l’autre. Rien de clair, aucune piste factuelle, l’enfant est peut-être à l’une des deux (à moins qu’à aucune d’elles) mais en aucun cas aux deux. A laquelle : celle qui crie le plus fort ou celle qui argumente le mieux ? Comment décider ? Il le faut pourtant, sa réputation est en jeu ! C’est que plus délicat car il sait sa décision exécutoire. L. Aujourd’hui, on procèderait des analyses génétiques, non ? M. Lesquelles, tu t’en souviens, ne sont fiable "que" dans le sens de l’exclusion on peut infirmer une paternité ou une maternité, on peut l’estimer probable, mais jamais la confirmer, il faudrait pour cela la totalité du génome… et encore, il demeurait une infime probabilité de doublon. L. Peut-être vaudrait-il mieux revenir au texte "officiel", pourquoi pas celui de la Bible de Jérusalem ? Voyons : « Deux prostituées vinrent vers le roi et se tinrent devant lui. L'une des femmes dit : " S'il te plaît, Monseigneur, moi et cette femme habitons la même maison et j'ai eu un enfant alors qu'elle était dans la maison. Il est arrivé que le troisième jour après ma délivrance cette femme aussi a eu un enfant. Nous étions ensemble et il n'y avait que nous deux. Or le fils de cette femme est mort une nuit parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle prit mon fils d'à côté de moi et le mit sur son sein, et son fils mort sur mon sein. Je me levai pour allaiter mon fils, et voici qu'il était mort ! Je l’examinais et vis que ce n'était pas l’enfant que j'avais enfanté !" Alors, l'autre femme dit : "Ce n'est pas vrai ! Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" Elles se disputaient devant le roi qui prononça : « Celle-ci dit : "Voici mon fils et c'est ton fils qui est mort !" Celle-là dit : " Ton fils est celui qui est mort et mon fils est celui qui est vivant !" » C’est ici que se noue l’histoire : « "Apportez-moi une épée," ordonne le roi, on lui apporta l'épée et il dit Partagez l'enfant vivant en deux et donnez la moitié à l'une et la moitié à l'autre." Alors la femme dont le fils était vivant s'adressa au roi : "S'il te plaît Monseigneur ! Qu'on lui donne l'enfant, qu'on ne le tue pas !" Mais celle-là disait : "Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez !" Le roi dit alors : " Donnez l'enfant à la première, c'est elle la mère ! " Tout Israël apprit le jugement qu'avait rendu le roi et le révérèrent car ils virent en lui une sagesse divine pour rendre la justice. » M. Bon, ce sont des prostituées (à l’époque, ce mot ne se comprenait pas comme de nos jours), il n’y a pas de soldats et elle viennent de leur propre et libre volonté se prêter à un jugement qu’elle savent comminatoire. Dans le "fond" cela change-t-il la problématique ? Si je résume : nous avons deux femmes qui connaissent toutes deux la vérité vraie, elles savent aussi la nécessité d’une vérité sociale, légale, officielle, la seule qui leur soit opposable. Qu’elles mentent ou disent le juste, l’une et l’autre se voient contraintes d’accepter la vérité administrative, et attendent toutes deux (bien que leur motivations divergent) qu’elle soit tranchée. Or cette vérité "applicable" est une vérité "fabriquée", un objet de consensus : il leur chaut donc de l’influencer avant qu’elle ne soit gravée dans le marbre, chacune persuadée, que ce fût par naïveté ou rouerie, qu’elle peut le faire, suivant l’idée qu’elle se fait du raisonnement du roi. L. Cela ne change que peu les choses mais ouvre des portes, on pourrait comprendre l’histoire autrement. M. Ah oui ? L. Par exemple, c’est la mère de l’enfant mort qui, raisonnant au second degré, réclame le sauvetage car elle suppose que sa plaidoirie sera interprétée au premier degré, comme spontanée, alors que le mère réelle, devant le mensonge de l’autre plaignante, préfèrerait la mort de son enfant plutôt que de le voir tomber dans des mains impures. Auquel cas le jugement serait erroné. Qu’est-ce qui a motivé Salomon ? Son intime conviction ? Vraiment, le critère est fragile ! Je préfère penser qu’il a jugé en équité, optant pour le moindre mal. M. Tu en déduis ? L. Que la parabole est homéomorphe à ce jury d’Assise où, suite à une plaidoirie et un réquisitoire (argumentés tous deux bien au-delà du second degré), il appartient aux jurés de se prononcer "en leur âme et conscience", de dire leur "intime conviction". Là également, l’on "produit" l’officielle vérité, au lieu que d’assister à l’émergence de celle factuelle. Le parallèle est frappant, j’en déduis que mes états d’âme et mes interrogations sont vieux comme le monde, fondamentalement humains. M. Est-ce si négatif ? Cela ne constate-t-il pas simplement le fait que la justice est un fait "humain" (ce en quoi nous différons de l’animal) et qu’en dernier ressort elle appartient à l’homme et non au système, l’eût-il conçu. L. Il n’empêche, cela a souvent conduit au lynchage ou à la lapidation (laquelle existe encore de nos jours), est-ce acceptable ? M. La loi du pus fort te semblerait-elle plus juste que celle du plus nombreux ? L. Je ne sais pas, je ne sais plus, voilà bien pourquoi, lorsque l’on me dit « Justice », je rétorque aussitôt « Equité ». Ânemitiés à tous Lucia & Mélano Ah! Le Bonheur ! Revoici de quoi nous faire travailler les méninges, signé par notre Ami! Avant toute chose, je vous salue très respectueusement, Ami Lucia & Mélano! Que dire de mieux que ceci: justice et équité de par mon expérience personnelle sont deux divinités modernes ou intemporelles, résidant toutes deux du côté de l'imaginaire Olympe des limbes de notre Humanité! Un jour peut-être, sur un point précis parviendra-t-on à faire rimer Justice et Equité, fait aussi probable que de rendre tous les hommes sages et bons! En réalité, je crois toujours vrai ce qu'on m'affirmait jadis en cours de philosophie: il est possible mais parfaitement illogique d'établir une Loi interdisant à quiconque d'aller faire du vélo sur la Lune...Ce serait là oeuvre de Justice. Cependant, l'inutilité d'une telle Loi apparaît à tous. Le drame de notre monde réside à mes yeux en ceci que les Législateurs sont bien trop en décalage moral avec la perversité humaine, qu'ils appréhendent difficilement, et la reconnaissance de facto d'un Etat signifie que l'on reconnaît ses décisions de Justice comme fondées en Droit. Comme tous les pirates informatiques qui imaginent des virus contre lesquels, ensuite,les " spécialistes" tentent de lutter. (Nous voici donc bien démunis face à tous les totalitarismes et surtout face au pire: celui qui voit régner les Cours de pays notoirement corrompus mais déclarés " souverains" dont les décisions sont par suite respectées à la lettre et que personne n'ose critiquer!!!) Un jour, la Justice( européenne)! me rendra peut-être justice; j'appellerai cela la justice parce que tel est le terme employé par tous ceux qui demandent justice, mais je sais que cela demeure du registre de l'équité, équilibre, peasant le vrai et le faux et donnant raison au vrai enfin démontré... Tel est le dilemme : nous appelons familièrement "justice " (se faire justice soi-même, il y a une justice, etc.) ce qui est l'eaxamen des causes et des faits, non selon des procédures prédéterminées -qui semblent facilement perverties par les esprits tordus-,mais selon la simple bonne foi des gens droits... Et on peut de même recommencer à réfléchir sur ce qu'est un citoyen honnête et droit................. Comme nombre d'entre nous, je tente d'oeuvrer de sorte que la Justice promeuve la morale! Bien respectueusement et amicalement à vous, Echanson P.S. Un grand sourire à François! |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 20:28 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Août 2008 à 21:08 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Merci amie Echanson pour ce complément. A nous tous, nous bâtissons. Lucia & Mélano |
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Poeme publié 23 Août 2008 à 21:08 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 09:03 | Re: Justice et equité |
![]() eclaircie Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 209 Commentaires: 12264 Votes reçus: 903 Votes distribués: 1430 Inscription: 2008-01-19 Bloquer |
j'aime vraiment beaucoup votre texte "la Pierre", je connais les cailloux de tous les chemins que je prends, pour devoir les surveiller à chaque pas, les anticiper, les éviter parfois aussi, et à bien les "épier" donc, je sais leurs éclats internes, externes, bruyants ou silencieux. L'écho sur une falaise est toujours seulement le premier cri poussé avec un petit plus...le retour au signe envoyé. amitiés. éclaircie. |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 09:03 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 09:50 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
Merci amie Claire. L'écho, voilà un beau sujet de réflexion. Pourquoi l'homme est-il si sensible à l'écho ? Narsicissme , Rassurance ? Croyance ancestrale que c'est là la voix de Dieu ? Que sais-je encore. Peut-être pourriez-vous nous offrir votre vision (enfin audition puisqu'il s'agit de son : et les ânes adorent le son, c'est connu). Faut-il voir dans l'attraction pour l'écho un isomorphisme avec le culte que l'humain donne à son reflet dans le miroir ? Mais je vois que je truffe encore mes mots de ce fameux "point d'interrogation" qui doit être la marque de fabrique des ânes (c'est la touche la plus usée de mon clavier). Ânemitiés et au plaisir de découvrir ici des élements pour ma construction que vous aurez portés. |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 09:50 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 10:16 | Re: Justice et equité |
![]() Cafe-Creme2 Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 5 Commentaires: 136 Votes reçus: 8 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-08-21 Bloquer |
Lecture et débat très enrichissants et utiles. Je ne saurais y mettre un quelcoque commentaire maintenant, puisque j'apprécie et réduit mon ignorance petit à petit.. Je le ferai probablement plus tard quand il s'agira de remonter ces textes une fois engloutis par la grande production marchande de ce site de plus en plus banalisé. Amitié |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 10:16 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 10:20 | Re: Justice et equité |
![]() eclaircie Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 209 Commentaires: 12264 Votes reçus: 903 Votes distribués: 1430 Inscription: 2008-01-19 Bloquer |
je vois plutôt l'echo, comme une limite à son propre espace, savoir qu'il y a un mur, et qui renvoie les sons, la preuve que la rencontre avec l'autre peut aussi s'assimiler au même processus, une limite et un retour, un cadre rassurant. savoir aussi, que seul, la limite existe, le cadre est là, il faut pourtant le chercher, il n'est pas partout. c'est comme la lumiére renvoyée par un éclat de pierre justement, ou le regard renvoyé par un autre regard. un écho c'est aussi pour moi connaitre si le cri est blessant ou pas déjà pour moi, ainsi de mesurer ce que je peux envoyer comme signe à l'autre qui aura remplacé le mur, la falaise ou la coupe dans la colline boisée. amicalement, (je pars ce soir pour la semain, mais vous retrouverai avec plaisir à mon retour) |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 10:20 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 11:03 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
L'écho, amis, est un subsitu de la vue pour nos frères aveugles. Et une stupidité pour la route car il ne faut pas oublier que je reste avant tout un âne : "L'écho ne se vend pas, il se loue, c'est pourquoi l'on parle d'écholocation". Lucia & Mélano |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 11:03 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 11:03 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
L'écho, amis, est un subsitu de la vue pour nos frères aveugles. Et une stupidité pour la route car il ne faut pas oublier que je reste avant tout un âne : "L'écho ne se vend pas, il se loue, c'est pourquoi l'on parle d'écholocation". Lucia & Mélano |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 11:03 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Août 2008 à 11:37 | Re: Justice et equité |
![]() Pompon1 Message privé Poète actif Poèmes publiés: 18 Commentaires: 369 Votes reçus: 18 Votes distribués: 60 Inscription: 2008-07-18 Bloquer |
En italien, je vous répondrai : "Ecco" L&M |
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Poeme publié 24 Août 2008 à 11:37 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
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